L’histoire d’une photo « Moom la Wala du Moom » voici la version du Comité Scientifique Diwaanul Mahaarif (www.diwaan.net)

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1. Introduction
Il y a quelques temps, apparut sur les réseaux sociaux une série de photos
d’archives, montrant ce qui semble être la pose de la première pierre d’un
édifice par un guide religieux sénégalais, entouré de ses disciples et de
personnalités coloniales. Ces photographies inédites, dont l’une portait en
légende « Le Serigne Amadou Bamba », publiées par un collectionneur français, sur un site de vente en ligne de documents historiques, créèrent aussitôt, sur la webosphère mouride, un tsunami et une vague de vives
polémiques sur l’authenticité ou non de ces images.
Aux yeux de certains savants et disciples mourides, celles-ci immortalisaient,
sans aucun doute possible, le lancement des travaux de la mosquée de Diourbel par Cheikh A. Bamba, en 1918. Tant le récit historique des différents faits marquants de cet évènement, dans les sources mourides, leur semblait correspondre, de façon frappante, au contenu des photos. Pour d’autres, par contre, ces images étaient, soit, le résultat d’habiles montages visuels, dont l’auteur désirait apparemment tirer profit ou, au mieux, les
photos d’un personnage autre que leur prestigieux guide dont l’on n’a connu, jusqu’ici, qu’une seule photographie.
La Plateforme de Recherche sur le Mouridisme, « Dîwânul Mahârif », composé par un collectif de chercheurs mourides, aux spécialités très
variées, fut aussitôt sollicitée par un grand nombre d’internautes, souhaitant obtenir plus d’éléments objectifs sur cette question. Raison pour laquelle le Comité Scientifique de Dîwânul Mahârif a jugé pertinent et utile d’analyser
minutieusement ces images, de les confronter aux sources documentaires existantes et à d’autres éléments d’appréciation scientifique ou intuitive, afin d’y trouver d’éventuels indices à même de confirmer ou d’infirmer leur
authenticité.Même si, il faut l’admettre, cette démarche, sujette à une certaine marge
d’erreur, ne pourrait, en aucune manière, prétendre être absolument parfaite, au point de valider ou d’invalider, de façon définitive et sans aucun risque, les thèses défendues de part et d’autres. Seule l’entrée en possession
et un examen physique des photographies en question (papier, encre, mentions sur l’album d’origine etc.), par un cabinet spécialisé, pourraient,peut-être, définitivement trancher la question
.
Toutefois, en attendant cette étape cruciale, l’analyse méthodique et minutieuse des photographies,sur plusieurs angles, par notre Comité, a permis de mettre en évidence un
grand nombre d’éléments et d’indices subtils à même de mieux orienter la conviction que chacun pourra librement et momentanément se faire sur
cette question.
Quoiqu’il en soit, et quelle que soit l’appréciation personnelle que tout un
chacun pourra s’en faire, cette controverse passionnée entre chercheurs ou profanes sur ces photographies, de par les nombreuses implications et révélations auxquelles elle a mené, ouvre de très intéressantes et nouvelles
pistes de recherche sur la vie et les valeurs du Serviteur du Prophète (PSL).
Elle a également permis d’interroger, en passant, l’image, pas toujours conforme, que certains disciples ont pu se faire sur le quotidien et les habitudes de leur illustre guide, en les confrontant aux sources historiques et hagiographiques jusqu’ici assez négligées. C’est même, peut-être, plus que les arguments vifs de part et d’autre, plus que le débat technique en cours, cet enjeu de l’ « image » du Cheikh, celle que chacun d’entre nous s’en fait, à partir de ses propres vécus et références sur le Mouridisme, qui donne un autre sens, un sens beaucoup plus profond et poignant à l’odyssée de ces photos inédites.
C’est donc à une véritable enquête policière, à une fascinante chasse au trésor, pour retracer l’histoire passionnante et le film de ces photographies, à laquelle nous vous invitons…

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